lundi 11 juin 2018

Grand Raid 73: le compte-rendu de Philippe

Pas de septième Opinel, un ultra n’est jamais dans la poche...

Et pourtant, j’étais confiant. Cela faisait deux ans que je n’étais pas venu sur cette course à Cruet. À la place, deux participations au Trail des Allobroges et deux fois finishers.  Cette année, j’avais envie de revenir sur le Grand Raid 73.
Profitant de ma nouvelle disponibilité, j’ai fait un joli stage en Savoie début mai. Cool, sans jamais forcer, j’étais bien et je me suis bien baladé, plus de 100 bornes et plus de 7000 m+. Pendant les trois semaines qui ont suivi, je me suis contenté de cavaler, jamais longtemps, jamais fort. Résultat: je suis arrivé confiant sur mes capacités à aller décrocher ce septième Opinel.
En m’inscrivant, j’avais entraîné Pascal, Mickey, Nicolas et Luis à venir en Savoie. Avec en plus Danye, Adélaïde et Christophe notre ami chartrain, c’est un joli groupe qui est venu à Saint-Pierre-de-Soucy. À huit sans souci, finalement, elle est grande notre maison en Savoie. Bien sûr, pour les repas, on fut moins nombreux que pour mes 25ème et 30ème cross du Mont Blanc fêtés à Saint-Pierre. Mais avec la participation de chacun aux repas, ce fut superbe.
Dès le départ ou presque Mickey s’échappe. Nicolas part peu après. On les suit tranquillement avec Luis et Pascal. Je ne force pas, la route est longue.
La montée de la Roche du Guet (800m+) arrive. Je prends mon rythme, sans doubler. Je vois, pas loin devant, Luis qui accélère, double et reprend  Nicolas. Sans forcer, je reste sur leurs talons, Pascal juste derrière. On arrive ainsi au col du Mont. Suit une portion vallonnée avant le sommet où ils me prennent inévitablement du temps dans les descentes. Mais on arrive presque ensemble en-haut car je les rattrape dans la montée finale, pile pour un selfie en commun.

Il commence à faire chaud mais ça va.
La suite est simple. Ils s’échappent en descendant vers la crête de Montgelas, je limite la casse dans la montée qui suit. Mais dans la descente plutôt technique sur Nécuidet, ils creusent l’écart pour arriver avec 7-8 minutes d’avance au ravito de La Thuile. Dans cette descente, j’étais revenu sur un groupe de coureurs. « Tiens je progresse en descente, je reprends des gens en descente ». En fait sur un monotrace, le groupe était freiné par un gars qui descend plus mal que moi. Je le double en pensant qu’il aura du mal à finir la course dans les temps.
 J’arrive au ravito quand les autres Maratouristes sont prêts à en partir. Je me dépêche et je compte qu’ils sont trois, quatre minutes devant moi. Je suis confiant, je sais que je vais les reprendre dans la montée raide de 800 m+ du Pic de la  Sauge. 
En passant au bout du lac, je commence à avoir mal au ventre. Ce doit être des vents, ça va passer. Au contraire cela ne va pas fort. Dans les vallonnements qui suivent le lac, je me sens moins fort, je transpire beaucoup et hop je vomis. Adieu ravito... Bizarre comme impression, cela ne m’arrive jamais en course. Au bout de 20 km tranquilles, étrange.
Les jambes ne vont pas mieux, je dois même m’arrêter à un croisement où se trouve Bubulle, un maître Kilourou. On échange deux mots, il a dû penser que j’étais sympa de lui faire la causette. Mais en fait je ne suis pas bien du tout. Peu après, avant de plonger sur la Rongère, je re-vomis. Qu’est-ce qui se passe ? Je marche jusqu’à la Rongère. Ça va aller mieux, quelque chose n’est pas passé mais maintenant c’est fini. Arrive le Pic de la Sauge. Plus question de rattraper les autres, je n’y pense plus, c’est opération survie. J’attaque cool, très cool mais ça ne monte pas, rien dans les jambes. Je me fais doubler par plein de coureurs dont le gars vraiment pas rapide et je m’arrête souvent, c’est terrible. Je mets plus de 2h15 dans cette bosse contre 1h10 début mai ! 




J’arrive finalement au sommet où je vois Florent l’organisateur de l’Échappée Belle. Je suis content de m’arrêter et lui dire que je devrais être, pour la 3ème année consécutive, sur l’EB 57 cette année encore, une semaine après l’Ut4M Challenge. Je repars sans force. C’est la catastrophe. Je vois le chrono qui défile. Cela devient mission impossible. J’étais content d’accueillir des Maratouristes chez moi et voilà, je ne suis pas au niveau. Dommage !
Je croise Sylvain Court venu à la rencontre de sa compagne (elle arrêtera au Mont Pelat prise par les barrières horaires), une photo, quelques mots et je continue. À la vitesse où je marche en descente, je pense voir arriver le serre-file. Non heureusement. 
Généralement après un coup de moins bien, cela revient. Là, cela fait plus de trois heures que je erre à me traîner lamentablement. Arrivé au pied de la Galopaz, je ne me vois pas grimper en-haut, cela ne me donnera rien car je serai hors délais aux Aillons....
J’appelle Danye qui est avec Adélaïde aux Côtes Gueulets... Vivement 2019 !

Bravo aux autres qui, dans la douleur, ont fini par gagner cet Opinel 2018.

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