mardi 29 avril 2014

Bretagne ultra-trail, le compte-rendu de Frédéric

Sophie a dû abandonner car après 2 km, grosse entorse cheville droite qui a récidivé deux fois sur le parcours. Heureusement le fils de Bernard passe en 3ème année de kiné et a soigné ma femme.
Mon résumé:
La joie de ne pas atteindre son B.U.T.
Cette année je partais en conquérant. Ayant abandonné la course l'année dernière au 97ème km pour crampes, ma motivation était à son apogée. Les conditions étaient idéales: hébergé chez la maman de Bernard à 2 kms du départ, chouchouté par toute la famille Le pabic (comme dans un 5 étoiles), grande forme, Bernard et son frère inscrits au 63kms en relais me servant de lièvre à partir du 53 kms, seule la météo était humide.
Mes objectifs étaient prétentieux, finir dans les 10 avec un chronos autour des 11H. Encore une fois la loi du trail me rappela à la modestie !!!!
Le départ se fît à 5h du matin en compagnie de Laurent (Saintélyon), Sophie et quelques 247 autres coureurs. Le sol était déjà très gras. Je décida de partir prudemment pour ne pas griller mes cartouches. La première heure et demi dans la nuit passa rapidement car l'alternance de chemins de type GR, d'odeur de fougère humide et de quelques portions très courtes de routes était agréable. Tournant à 10,2 km/h, j'étais à l'aise. Je décidai de profiter de ce confort pour continuer sur ce rythme jusqu'à Plouay, là ou m'attendrait Daniel (le frère de Bernard) et un sac de rechange. Le paysage était grandiose. Beaucoup de sous bois, des vues magnifiques sur la campagne Bretonne en haut de chaque côte et le chant des oiseaux pour encore plus apprécier ce merveilleux moment. J'étais bien...trop bien. 
Je fison ma première erreur (on en apprend à chaque fois). A force d'en profiter, j'en ai oublié  de garder le rythme, j'arrivai à Plouay avec 25 minutes de retard tout en étant 23ème à 25 minutes du premier. Je manquai Daniel mon premier lièvre. Mon Bernard était là avec mon sac, j'en profitai pour me changer et partir moins couvert (deuxième erreur car 10 minutes après mon départ , série de grosses averses). En plus de Bernard, Laurent était également là car une crise sciaticale avait dû le faire abandonner. C'est aussi à ce moment que j'appris que Sophie avait aussi abandonné pour grosse entorse (Encore une chance que Benjamin, le fils de Bernard, passant en 3ème année de kiné, allait pouvoir la soulager). Triste d'avoir perdu ma femme et Laurent, je décidai de réaccélérer pour rattraper mon lèvre. Ce fût ma troisième erreur, car après Plouay les plus grosses difficultés se présentent (successions de bosses dans le gras, les cailloux et les racines). Je perdis dans cette portion toutes mon énergie. Je ne tournais plus qu'à 8km/h de moyenne. Rapidement je me résignais à faire une course à la "Sophie": prendre du plaisir en contemplant le paysage. Promis j'essayai mais le terrain était tellement technique (surtout en bord de rivières) qu'il était impossible de lever le nez du sol. Dommage car les rares fois où je levais la tête c'était splendide: que c'est beau la Bretagne du milieu !!!! Plus j'avançais et plus les averses étaient persistantes. Les quelques rayons de soleil furent
remplacés rapidement par de la grêle. Les conditions météo était de plus en plus difficiles. Physiquement j'étais bien mais la machine ne voulait plus avancer, tant pis pour le chrono. Au 83ème kms, je ratai bien évidement Bernard d'une bonne demi heure. J'allais devoir finir seul car je ne retrouvais que peu de personnes sur le parcours. Pour la première fois j'avais hâte de retrouver la mer (préférant la campagne ou la montagne). Retrouver l'embouchure de la Laïta à la sortie de Quimperlé me fît du bien au moral mais c'était sans compter les rafales de vent côtier (autour des 70km/h). L'arrivée était proche, je ne lâchai rien car dans mes pas il y avait un autre coureur que je présumais 
sur le 117kms. Je gravis les dernières marches avant l'arrivée deux par deux pour finir accueilli par Bernard, Sophie et Laurent. Je finis en 14H51 à la 30ème place avec 42% d'abandon.
Bilan, un chrono mauvais mais un plaisir merveilleux d'avoir pu communier avec la nature.
J'espère récupérer de ma vilaine tendinite de la cheville et me présenter au trail d'Yonne à la fin de la semaine. Je veux rester optimiste car en ce lundi matin je n'ai plus aucune courbature et je ne ressens pas de fatigue.
Grosses bises à tous les maratouristes.
Fredd

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